hum hum.

Soutien au Frater Spartakus: Les Sigils, la magie du XXIème siècle de Spartakus FreeMann et Soror DS est paru

POSTE PAR Milady Renoir LE 05-03-2010

Message de Spartakus Freemann, père et frère:

please love me sigil

"Notre ouvrage, co-écrit avec Soror D.S., Les Sigils, la magie du XXIème siècle vient de paraître aux éditions Bussière ! Il s’agit là du premier livre sur les sigils et l’un des rares écrits relatifs à la magie du chaos en français.

En un peu moins de 150 pages, vous découvrirez l’origine talismanique de la magie contemporaine, de la Renaissance au XIXe siècle ; l’apport d’Austin Osman Spare et des magiciens de la chaos, avant de plonger dans les techniques spécifiquement sigillaires. Celles-ci sont simples et décrites de manière claire et concise afin que le magicien puisse passer de la théorie à la pratique en deux coups de crayon.

Vous pourrez vous le procurer prochainement chez votre libraire favori ou vous pouvez déjà le commander sur 
Amazon.fr.

Extrait du 4e de couverture :

« La magie des sceaux est probablement l’une des disciplines magiques les plus rapides et les plus faciles à apprendre. La plupart du temps, vous n’aurez besoin de rien d’autre que d’une feuille de papier et d’un crayon. Avec un peu d’expérience, vous aurez fini une opération entière, en comptant la “mise en route” et le bannissement final, en moins de cinq ou dix minutes. Impossible de faire plus vite — même magiquement ! » Frater U. D. — Practical Sigil Magic.

Les sigils (du latin sigillum, « signe ») dont il est question dans ce livre se rattachent aux sceaux et talismans classiques connus de tous les pratiquants de la magie. L’approche proposée ici est cependant inédite dans les pays francophones. Or il était grand temps de mettre à la portée du public une méthode considérée comme hautement efficace et facile à mettre en œuvre par ceux qui la pratiquent.

Grâce aux techniques que nous proposons, le lecteur pourra créer ses propres talismans tout aussi opérants, voire davantage, que les compositions traditionnelles. Pour élaborer des sigils, il n’est en rien indispensable d’étudier la talismanie traditionnelle, puisqu’il s’agit simplement d’inscrire une intention magique dans un glyphe, un dessin ou un son, puis de l’activer et le laisser agir.

Les sigils peuvent être mis en œuvre pour obtenir toutes sortes de résultats : trouver des solutions à des problèmes concrets, argent, amour, réussite professionnelle, mais également aider au développement personnel, entreprendre l’exploration de sa psyché, se débarrasser de mauvaises habitudes, déclencher des rêves prémonitoires… Les applications n’ont de limite que l’imagination du praticien.

Merci de faire circuler l’info autour de vous.

Spartakus"

Si vous voulez voir une application de Sigils faite maison, (vieille histoire), alors reportez-vous dans le passé vers ça...

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tonite, tonite... rappel

POSTE PAR Milady Renoir LE 18-02-2010

final small

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Troupe Poétique Nomade - Milady lira lira

POSTE PAR Milady Renoir LE 11-02-2010

final small


Mon prochain bookleg "la musique adoucit les morts" sort vers le printemps...

vous voulez un échantillon?

venez écouter ça et les autres à la Gougoutte à Ixelles... 

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Graine de Sable N°6 disponible

POSTE PAR Milady Renoir LE 04-02-2010

Un extrait du texte de la performance que j'ai faite dans l'atelier de Pascale Barret est publié dans Graine de Sable.
au commencement était le verbe - 22 nov 09
La vidéo de la performance sera un jour disponible.

http://caravanesproduction.com/dececotedumiroir/


texte entier:

(respiration)

au commencement était le verbe

et au commencement était le Verbe

et au commencement était le Verbe

et au commencement était le Verbe

et le Verbe

et le Verbe était tourné vers le verbe

et le Verbe était verbe

et il était au commencement tourné vers... (respiration)

et Tout fut par ...

(respiration)

et le verbe

et Tout fut par ...

(respiration)

et rien de ce qui fut ne fut sans verbe

et en le verbe était la vie,

et la vie était la lanterne des hommes,

et la lampe brille dans les ténèbres,

et les ténèbres ne l'ont pas comprise.

et le Verbe s'est fait chair

et le Verbe s'est fait chair

et le Verbe s'est fait chair

et il a planté sa tente en moi,

et j'ai vu sa ferveur, sa gloire

et le Verbe s'est fait chair

et le Verbe s’est

et

et au commencement était le glaive

et au commencement était le glaive

et le butin des violences court

et après quoi

et après

et les guerres font trame

et les voix disent chaos

et les cordes s'enroulent

et l'accalmie se fait la malle

et le verbe s'est fait cri

et le verbe s'est fait

et le verbe est fait

et le verbe fait

et

(respiration)

et au commencement était le corps

et au commencement était le corps

et le corps était tourné vers le corps

et le corps était verbe

et il était au commencement tourné vers le corps

et tout fut par le corps

et rien de ce qui fut ne fut sans le corps

(respiration)

et le verbe s'est fait chair

et il a planté sa pente en moi

et le verbe s'est fait double

et le corps fut défait sur un calque
et le corps fut défait, comme un souffle

et au commencement était le souffle

et au commencement était le souffle

et au commencement, ...

(respiration)

et le souffle divague,

et là, attends, es-tu vivant?

(respiration)

et au commencement était la peau

et au commencement étaient mes peaux

et les hommes dessinent sur les parois

et les femmes saignent en soi

et les corps sont déposés, désarmés

et les bouchers retournent leurs couteaux

et les lapins, leurs pyjamas,

et les crins font signe, signes

et les dermes vibrent, signes,

et le sang noir comme un avis d’expulsion

et derrière tout, tu l'as vue, l’encre ?

et derrière

et

(respiration)

et au commencement était l'ongle

et au commencement était l'ongle

et au bout de mes mains, des javelots

et l'ongle scarifiait le sol

et l'ongle scratchait les papiers,

et les papiers jouissaient,

et les papiers

et

(respiration)

et là, j'hésite

(respiration)

et là, j'hésite

(respiration)

et là,

et

(respiration)

et au commencement était le sol

et au commencement était le sol

et au début du sol, une encre

et l'encre était tournée vers la Terre

et l'eau prit peur, atterrée

et l'eau fendit la roche, à terre

et la boue germa

(respiration)

et cette glaise était le verbe

et la terre était tournée vers le verbe

et la terre était verbe

(respiration)

et elle était au commencement tournée vers ... (respiration)

et Tout fut par ... (respiration),

et rien de ce qui fut ne fut sans boue

et en la boue était la vie,

et en la boue,

et la boue,

et

et au commencement était le noir,

et au commencement était mon noir,

et tout fut par le noir

et rien de ce qui fut ne fut sans le noir

(respiration)

et en le noir était la vie,

et le noir était l’éclairage des hommes,

et un rayon X brille dans mes ténèbres,

et mes ténèbres ne l'ont pas compris,

et au commencement était le noir,

et le noir,

et

(respiration)

et au commencement était le sang,

et au commencement était mon sang,

et dans mes veines, un liquide fuit

et dans mes cuisses, un flux fugue,

et dans l'antre, une implosion dévale,

et tout fut par le sang,

(respiration)

et en le sang était la vie,

et le sang était l'eau des berceaux,

et le sang vrille dans mon tronc,

et mes ténèbres ne l'ont pas compris,

et au commencement... (respiration)

le sang était tourné vers... (respiration)

et

(respiration)

et au commencement était la Langue

et au commencement était ma langue

et l'homo loquens tira sur tout

et la serpe s'abattit sur la langue

et mais, au fond, dans la gorge vide,

et si la langue s'ennuie,

et tout, échec et mat,

et la langue se découpe

et la langue coule sur des virages

hé ! ne mange pas ton nerf sciatique,

hé ! ne mange pas,

et gardes-en pour la faim,

et au commencement était ma langue,

et le mensonge est roi,

et

(respiration)

et au commencement était la langue

et je la tire,

et je la tire,

et

(respiration)

et je tire sur ma langue,

et je tire,

et ma langue

et ma langue s'étire

et

(respiration)

et au commencement était l’ombre,

et au commencement était une lumière

et là, j'hésite

et là, j'hésite

et là,

et

(respiration)

et là, je dis, attends

et là, on rallumerait les lumières

et au commencement serait le verbe,

et l'orobouros aurait son saoul,

et la photosynthèse n'y aurait rien fait,

et la limace de mer, L’Elysia chlorotica

est un animal qui s'autoproduit

et son algue, la Vaucheria litorea

séquestrée dans l'épithélium digestif de cette limace est sa seule nourriture

(respiration)

et tout se fait comme si rien n'était écrit

(respiration)

et tout se fait comme si rien n'était écrit

(respiration)

et tout se passe sans que ça s'explique,

et tout se passe sans que ça s'explique

(respiration)

et tout continue, tout continue, tout, perpétué,

(respiration)

et tout fait tout,

(respiration)

et au commencement était le plancton

et ce putain de plancton à la con

et là, ça fait très chute de chanson,

et à la con,

(respiration)

et…

et…

et…

(respiration)

et au commencement était le verbe

et au commencement était le silence

et au commencement était le verbe

et au commencement était le silence

et au commencement était le verbe

et au commencement était le silence

et au commencement était le verbe

et au commencement était le silence

et au commencement était le verbe

(respiration)

et au commencement était le silence

et au commencement était le verbe

et au commencement était le silence

(respiration)

et au commencement était le verbe

et au commencement était le silence.
(ad lib.)

© « Encre, Œuf, Texte » - texte & corps de Milady Renoir Musique/Jeu(x)/Lumière/Composition/Scène par Agoraphonic

18/11/2009 – No preview #1 (merci à Pascale Barret)

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ce soir

POSTE PAR Milady Renoir LE 16-01-2010

 lavant2

 







Vs.

m moreau













@ Poème - Saint-Gilles

 

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Extrait de STEPPE de Vincent Tholomé

POSTE PAR Milady Renoir LE 15-01-2010

 Christian Weaber sand











Nous serions nés il y a trente ou cinquante ans. Entre les pierres et les os des bêtes ras-du-sol. Humant l’air de nos narines humides. Indéfiniment. Nous serions des mâles en rut. Perpétuellement. Mesurant deux mètres au garot. Le crâne parfaitement lisse. Rasé de près. À la lame Gilette. Pesant deux cents livres et portant des bottes de peaux aux talons compensés. Ressemblant à des bêtes en somme. À des boeufs musqués de la plaine. Aux têtes dures des toundras. Petites fourmis pourtant naviguant dans la steppe. Errant au hasard d’un bord à l’autre de steppe. Transportant nos yeux crevés. Nos cicatrices. Taillant le soir nos dents en pointe. Limant nos barbes de trois jours. Nous roulerions des mécaniques. Avançant d’un pas lent et lourd. Enfonçant nos corps massifs dans les plaines. Les brouillards infinis recouvrant monde. Recommençant l’affaire tous les jours. Petits robots mécaniques ne connaissant ni fatigue ni douleur. Engoncés dans le mouvement perpétuel. La lente progression de la troupe parcourant terre. Un rien pourtant nous distrairait. Nous arrêterait au bord des routes. Des sales pistes gelées. Une canette vide ferait l’affaire. Déclenchant entre nous une guerre franche et sportive. Nous divisant soudain en deux clans. Expédiant alors nous autres des grands coups dans l’espace. Propulsant l’aluminium dans les airs. Tentant nous autres de marquer un but. De vaincre l’adversaire. La moitié d’entre nous torses nus. Les autres vêtus de leur casaque de cuir. Tout toujours se terminant en pugilat. Notre activité physique favorite. Cassant deux ou trois dents. Faisant sauter les plombs. Nous péterions pourtant la santé. Habitués nous autres à la vie saine. Au grand air. Aux longues heures passées tapis dans l’ombre. Observant à la jumelle infra rouge le mouvement des troupes. Nous confondant avec la terre. Laissant pousser sur nous les mousses et les fougères. Attirant sans le vouloir les ruminants. Les vaches maigres et musquées. Les bêtes broutant nos pétoires. Explosant soudain dans les airs. Se répandant alors en miettes. En poussières de bêtes. Entre les fleurs et les graminées. Manquant pourtant nous autres chaque hiver de claquer. Terminer notre course effrénée quelque part. Un lac de bitume ou un trou dans la terre. Une caverne rapidement improvisée. Supposée nous sauver du froid. Du gel et du vent. Épuisant nos réserves de conserves en quinze jours. Regrettant subitement de n’avoir pas fait les courses. De nous être une fois de plus disputés. Divisés sur l’affaire. Ne tenant jamais à jour le nombre de fois où chacun aurait pris sa bécane. Sa superbe moto japonaise. Oubliant dès lors qui se serait rendu dernièrement à l’hypermarché. Chacun accusant l’autre de noyer l’affaire. De chercher comme toujours à carotter. Échapper à la corvée. Suçant nous autres pour tuer le temps des graminées. Affectant ainsi les connections nerveuses. Assoupissant nos pensées. Ralentissant soudain nos gestes. Nous fragilisant soudain nous les chiens fous des toundras. Le petits soldats de l’armée Kouropatkine. Parcourant la terre. Effrayant les sédentaires. Les milliers de fermiers dispersés dans la plaine. Les milliers de fermières protégeant leurs arrières. Comme tout le monde nous choperions des maladies. Subirions des attaques en règle de bactéries. Nous moucherions dans nos manches chaque fois que nous prendrions d’assaut une usine chimique. Un laboratoire secret camouflé dans un champ. Une fausse discothèque à néons roses et bleus. Quelquefois nous serions temporairement hors service. Refusant soudainement de nous lever. De quitter la douce chaleur des yourtes. Le doux plaisir des draps. Prétextant n’importe quoi. La perte provisoire de l’usage d’une jambe. Une attaque cardiaque. N’importe quoi. Nos corps seraient tellement mis à rude épreuve. Nous passerions alors des heures au lit. Nous adonnant à la lecture de magazines. De catalogues anciens pour salle de bains. Admirant les tuyauteries. Prenant des notes sur les carrelages. Passant d’incroyables commandes. Nous demandant si tout cela toute cette affaire se réaliserait un jour. Nous adonnant à notre seul vice. Nous cassant parfois une jambe exprès. Gardant le lit. Gavés de bouillons gras. De petits plats en sauce. Habilement préparés par elles. Nos garçonnes. Nos petites chéries d’amour. Nos nanas en sucre d’orge. Nous refilant toujours de génération en génération les mêmes visages carrés. Inexpressifs. Les mêmes mains taillées pour la route. Les mêmes petits yeux porcins. Nous ressemblant tous comme des frères. Des amis sincères. Extraordinaires. Trinquant souvent ensemble dans les bars. Avalant des laits de chèvres. Comparant les nicotines. Les infimes variantes d’additifs et de goudron. Défendant bec et ongles telle ou telle marque. En venant aux poings. Étendant pour le compte l’adversaire. Le laissant pour mort sur les planches friables. L’abandonnant à son sort. Sortant alors nous autres du boui-boui. L’arme à bout de bras. Pétaradant sur les places publiques. Défonçant les fenêtres. Muscles bandés. Nous trébuchant pourtant toujours au retour. Nous prenant nous les pieds dans les tapis indiens vers minuit. Quand nous rentrerions de virée si possible sans bruit. Pénétrant le doigt sur la bouche dans nos yourtes. Nos belles maisons conjugales en toile de plastique blanc. Si étincelantes à l’horizon sous le soleil d’été. Incapables nous autres de lever nos chaussures et nos pieds à plus de cinq millimètres du sol. Recevant alors sur nos têtes un coup de bambou. Un rouleau à tarte. N’importe quoi. Nous expédiant tous sur le sol. Allongés pour le compte. À la merci de nos femmes. Nos garçonnes rieuses et colériques. Ne nous laissant rien passer. Aucun écart. Nous trouant la peau sinon. Diraient-elles. Feraient-elles. Nous envoyant rejoindre nos pères. Nos glorieux ancêtres. Ailleurs. Dans un autre temps.

Vincent Tholomé.

http://remue.net/spip.php?article3469
(illustration by Christian Weaber)

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Marie L. signe

POSTE PAR Milady Renoir LE 14-01-2010
Invitation









Rencontre/Dédicace
RED SOFIA SONG de Marie L.
Samedi 23 janvier 2010
17h30-20h00
Librairie LES CAHIERS DE COLETTE, 23/25 rue Rambuteau, Paris.

Red Sofia Song, je l'ai lu entre Noël cruel et Jour de l'An bienveillant. Je l'ai lu pour savoir, pour rencontrer, pour connaître un visage derrière un ou deux que je connais déjà de S. Marie L. J'ai mangé des phrases sans ponctuation, sans respiration. Il y a eu un creux dans mon sternum, convexe, complexe. Un jeu avec les envies, les espoirs. Il y a eu une dérive, un bord de mer jaune, un ciel rouge. Des images précises comme un rappel d'une vie abordée avec oubli. Le livre a été comme une mémoire, nue la nuit*, avec ce que je peux engendrer de retour. J'ai senti une proximité, un rapport nu au corps cloîtré dans un coeur pur, rude, noueux. J'ai fermé le livre avant la dernière page. J'ai vécu entre temps quelques fuites, quelques débordements, quelques conséquences. Il y a une semaine, j'ai reserré le livre, près d'un lit que je n'habite plus depuis des semaines, sauf pour y ranger le linge, les papiers, les objets trouvés. J'ai lu, enfin, en fin, la dernière page, puis celle qui lui succède, les mercis, les on dit. Une fin heureuse sans prince apprivoisé, ni dragon déchu, juste une putain envie de vivre avec, une salope de vision tournée vers le soleil, aussi brûlant, avide et aride soit-il. Un soleil avec un ver dedans, mais un soleil qui donne photosynthèse et hâle de miel, et finalement, quand le coeur aura cessé de battre, peut-être que nous serons heureux d'avoir un joli teint. Nous aurions le rictus enjoué grâce à cette peau qui se collera bientôt sur les os, fiers de celle qui nous aura le plus rendu service, la peau - nos dermes, nos couches.
Ce livre, S. Marie L., a été une seconde peau lors d'une fin d'année ridicule et puérile, je te remercie, chère, et t'embrasse sur un minuscule bout de cette peau, tatouée à l'or fin.


* et parler de la nuit alors qu'on ne dort jamais, nous le savons, quelle piètre imposture.
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MM Le mot dit... (hum)

POSTE PAR Milady Renoir LE 13-01-2010

Diane Arbus asylum inmates

C'est grâce à quelques hommes qui paraissent inutiles qu'l y aura toujours un certain nombre d'hommes incontestablement utiles. La meilleure partie du bien qu'on fait autour de nous à cette heure, est née d'abord dans l'esprit de ceux qui négligèrent peut-être plus d'un devoir immdiat et urgent pour réfléchir, pour rentrer en eux-mêmes, pour parler.

Maurice Maeterlinck, la sagesse et la destinée.

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l'amour, la poésie...

POSTE PAR Milady Renoir LE 01-01-2010

monstre-picasso
La poésie n’est qu’une longue lutte contre la mort ( qu’on tâche de connaître, avec l’idée qu’on acquerra ainsi un moyen de la dominer ). C’est en cela qu’elle se rapproche de la mystique, dont le seul but est d’acquérir étant vivant des gages tangibles d’immortalité.
La hantise de l’absolu n’est que la hantise d’un plan où le temps n’existerait pas, de sorte que la mort y serait niée. On se crée un monde poétique parce que dans ce monde tout paraît intangible et non soumis à la vicissitude des corps. A la base de toute évasion, ce n’est pas un désir de pureté qu’on trouve, mais la peur ; et même quand on croit vraiment aimer la pureté, ce n’est pas parce qu’étant intemporelle elle est plus noble, mais seulement « intemporelle » au sens strict du mot, c’est-à-dire non assujettie au temps et à la mort. Tout n’est que lâcheté religieuse ( comme dit [Carl] Einstein ).
( Il s’agit naturellement de processus qui sont très loin d’être nécessairement conscients.) Ainsi la poésie doit être conçue comme une drogue ou un vice dont le seul rôle est de faire oublier. Il y a aussi chez celui qui écrit une idée analogue à celle répandue autrefois, comme quoi si l’on était atteint de vérole on pouvait s’en guérir en la communiquant. Le désir qu’on a de propager son pessimisme n’a peut-être pas d’autre cause. Toute activité artistique quelle qu’elle soit a pour racine cette guerre contre la mort. Cela ressemble aux immenses travaux d’assèchement qu’effectuèrent les Hollandais au XVIIéme siècle pour conquérir des territoires sur la mer. Seulement, dans cette bataille que mène l’art, il n’y a jamais d’acquisition durable. Toutes les victoires sont illusoires et n’ont de force que la force même de cette illusion. Il faut sans cesse reconquérir, bâtir de nouveaux pilotis, jusqu’à ce que survienne le désastre final qui balaye tout et ne laisse surnager que quelques vagues et très maigres épaves.
C’est la même déroute qu’après l’amour, l’alcool, une ivresse quelconque et n’importe quelle velléité d’action. L’ennui et le dégoût d’une certaine forme artistique réintroduisent la mort, et c’est pourquoi il faut toujours inventer du nouveau, toujours surenchérir et ne jamais accepter de repos.

Michel Leiris

http://www.youtube.com/watch?v=eTakwOpWqG4

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autre sanguisomnolence

POSTE PAR Milady Renoir LE 30-12-2009


Partisan de la fougue, il emporte sa langue, la trempe dans l’eau de la valve aspirante. La cadence impose une succion sans hâte. Il entre, sort la tranche pleine en vrillant les charnières du palais. Les petits os nacrés, taillés en becs frappent les uns contre les autres. Le clapotis de l’écume ramollit les morceaux de chair. Chaque fragment devient onguent.

 Lynda Benglis tongue

Les particules de vie s’estompent, s’évaporent, puis se collent contre les bords du tuyau. Il racle ensuite les contours avec l’ongle, perce là une coque de lymphe, avale le jaune nervuré, mêlé au blanc ondulant. Le pigment carmin se désincarne. Les orbites se retournent sur leur axe déjanté. Les racines oculaires dévient, s’enroulent autour des duvets. Il observe-bande.

Chaque fil de vie se tord sous la puissance du cuir rétrécissant. La plante du front ternit, les eaux s’écoulent par l’entonnoir de la gorge.

 

 

                               - elle était belle.

Vivante.

Il pince le sel qui éjacule des pores, goûte la plénitude. Il enveloppe le Tout de sperme soyeux, tricote le cocon avec soins et suaires. Petit diamantaire lèche son caillou brut… il poncera les coins, biseautera les embouchures, simulera quelques ouvertures, décuplera les bouches, collera les phalanges entre elles. Créateur, novateur. Il doublera le fond de son sexe avec de la pâte rêche et y logera ces doigts, son membre supérieur et ses rêves.

Il dessine le puzzle gigantesque dans ses idées, un jour, Shiva étendue sur le sol, un autre, Gaïa planisphère lumière, ou encore, une rivière d’Ondine à braiser.

Il place les pièces sous le néon, compte les points blancs germant sous chaque crin brûlé. Il caresse l’horizontale à l’envers, il appuie, souffle sa glace sur la surface, observe-bande.

 

La première mouche étale ses pattes contre la glaire rouge, elle pompe l’odeur âcre du dépassement, le fer l’enivre. Il la saisit promptement, aisément, chastement. La mouche est alourdie de son butin, regorgeant de son dernier festin.

Il la colle au dessus d’une flammèche d’allumette, puis la dépose délicatement sur sa langue vigoureuse et croque les ailes et les yeux. L’insecte noir crépite, grésille, gît.

 

Tout est mouche dans le fond de ses yeux.

Il ressent la force de la liberté de la vie, il aime leurs vies, surtout quand elles lui appartiennent. Il regarde ses devoirs à faire, examine l’ampleur, observe-bande.

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noces blanches

POSTE PAR Milady Renoir LE 30-12-2009

Dominic Rouse trim
Le dépeceur des noces blanches

Il avait tenté de lui révéler son appétit, en caressant l’enfant qu’elle n’avait pas eu avec lui. Il est beau, cet enfant qui n’est pas de moi - il pensait en revisitant l’histoire.

Si nous avions été entité, je ne t’aurais jamais abandonnée, moi.

Il a haï chacune des visites éphémères, chaque membre de famille bienveillant, chacun des amis tactiles et fidèles. Il a exécré les regarder l’embrasser, la cajoler, la gâter, lui rendre ce qu’il se devait de lui donner tout seul, entièrement.

Elle s’était mise à revivre, petit à petit, après la cassure de cet homme ignorant. Lui, il l’aurait éliminé, ce pleutre, ce puits d’angoisse, ce pilier craintif.

Lui, fort et bon, l’aimait, elle, avec l’enfant, le quotidien naissant, l’habitude de la présence, ça le fortifiait, le durcissait. Ses mains plus lestes, ses doigts plus serrés, ses gestes plus transparents.

Elle lui donnait des mots d’ordre, des listes de choses à faire, aimer, visiter, dire.

Leur lien était un fil à retordre.

Le scalpel est entré dans le blanc. Il a craqué les nerfs, décimé les envies, rattrapé le sang qui coule vite. Il a aimé ce corps inabordable, cela lui coûte tant de couper court à cet amour vierge.

Il a tiré la substance adulée sur la mousse, au passage, déraciné quelques arbrisseaux, écrasé quelques champignons. Il a entouré son euphorie de précision chirurgicale mais bientôt, la passion du geste amoureux l’a rendu tremblant. Tout a dû disparaître, des vêtements aux pouces, des vaisseaux aux charpentes, des synapses aux entrailles.

Il pensa à cet homme qui venait parfois entre ses draps pastel, touchant ses pointes, ses creux et ses devises qu’il adorait, dissimulé derrière son personnage latent.

Il trempa son doigt dans ses cheveux pour oublier l’affront de cet Autre horripilant et se promit de lui faire payer son imprudence.

Après avoir piétiné ce qui n’était plus qu’un tas de chairs et d’os désarticulés, il s’assit sur le bord de l’autoroute et signa sur le sol , du sang qu’elle lui avait laissé lécher: je t’ai tant aimé.

Il reprit son vélo, tourna à gauche au rond-point, prit la direction du centre ville et alla s’asseoir sur le banc en face de l’Autre en attendant l’astre blanc. Il faisait chaud. Sa chemise collait à ses poils. Il retira son deuil de ses paupières et frôla dans sa poche la pique d’acier de son index pour évaluer son endurance.

L’œuvre allait bientôt s’accomplir dans son intégralité.

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L'Ombre - Andersen (cadeau)

POSTE PAR Milady Renoir LE 24-12-2009

C’est terrible, comme le soleil brûle dans les pays chauds ! Les gens y deviennent bruns comme de l’acajou, et, dans les plus chauds, noirs comme des nègres. Un savant était arrivé de son pays froid dans un de ces pays chauds, où il pensait pouvoir se promener comme chez lui ; mais bientôt il fut persuadé du contraire. Comme les gens raisonnables, il fut obligé de s’enfermer toute la journée chez lui ; la maison avait l’air de dormir ou d’être abandonnée. Du matin jusqu’au soir, le soleil brillait entre les hautes maisons, le long de la petite rue où il restait. En vérité, c’était insuppor- table.

Le savant des pays froids, qui était jeune encore, se croyait dans une fournaise ardente ; il maigrit de plus en plus, et son ombre se rétrécit considérablement. Le soleil lui portait préjudice. Il ne revenait véritablement à la vie qu’après le coucher du soleil.

Que d’agréments alors ! Dès qu’on allumait la bougie dans la chambre, l’Ombre s’étendait sur tout le mur, même sur une partie du plafond ; elle s’étendait le plus possible, pour reprendre ses forces.

Le savant, de son côté, sortait sur le balcon pour

Vignette de Bertall


s’y étendre, et ; à mesure que les étoiles apparaissaient sur le beau ciel, il se sentait peu à peu revivre. Bientôt il se montrait du monde sur chaque balcon de la rue : dans les pays chauds, chaque fenêtre a un balcon, car il faut de l’air même aux gens de couleur acajou. Comme tout s’animait alors ! Les cordonniers, les tailleurs, tout le monde se répandait dans la rue. On y voyait des tables, des chaises, et mille lumières. L’un parlait, l’autre chantait ; on se promenait ; les voitures roulaient, les ânes passaient en faisant retentir leurs sonnettes, un mort était porté en terre au bruit des chants sacrés, les gamins lançaient des pétards, les cloches des églises carillonnaient ; en un mot, la rue était bien animée.

Une seule maison, celle qui se trouvait en face du savant, ne donnait aucun signe de vie. Cependant quelqu’un y demeurait, car des fleurs admirables s’épanouissaient sur le balcon, et pour cela il fallait absolument que quelqu’un les arrosât. Aussi, le soir, la porte s’ouvrait, mais il y faisait noir, une douce musique sortait de l’intérieur. Le savant trouvait cette musique sans pareille, mais peut-être était-ce un effet de son imagination : car il eût trouvé toute chose sans pareille dans les pays chauds, si le soleil n’y eût brillé toujours. Son propriétaire lui dit qu’il ignorait absolument le nom et l’état du locataire d’en face ; on ne voyait jamais personne dans cette maison, et, quant à la musique, il la déclarait horriblement ennuyeuse.

« C’est quelqu’un qui étudie continuellement le même morceau sans pouvoir l’apprendre, dit-il ; quelle persévérance ! »

Une nuit, le savant, se réveilla et crut voir une lueur bizarre sur le balcon de son voisin ; toutes les fleurs brillaient comme des flammes, et, au milieu d’elles, se tenait debout une grande demoiselle svelte et charmante, qui brillait autant que les fleurs. Cette forte lumière blessa les yeux de notre homme, il se leva tout d’un coup, et alla écarter le rideau de la fenêtre pour regarder la maison d’en face : tout avait disparu. Seulement, la porte qui donnait sur le balcon était entr’ouverte, et la musique résonnait toujours. Il fallait qu’il y eût quelque sorcellerie là-dessous. Qui donc habitait là ? où était donc l’entrée ? Tout le rez-de-chaussée se composait de boutiques ; nulle part on ne voyait de corridor ni d’escalier conduisant aux étages supérieurs.

Un soir, le savant était assis sur son balcon, et, derrière lui, dans la chambre, brûlait une bougie ; il était donc tout naturel que son ombre se dessinât sur le mur du voisin. Elle se montrait entre les fleurs, et répétait tous les mouvements du savant.

« Je crois que mon ombre est la seule chose qui vive là, en face : comme elle est gentiment assise entre les fleurs, près de la porte entr’ouverte ! Elle devrait être assez fine pour entrer, regarder ce qui se passe, et venir me le raconter. Va donc ! cria-t-il en plaisantant ; montre au moins que tu sers à quelque chose ; allons ! entre. »

Puis il fit un signe de tête à l’Ombre, et l’Ombre répéta ce signe. « Va ! mais ne reste pas trop longtemps. »

À ces mots, le savant se leva et l’Ombre fit comme lui. Il se tourna, et l’Ombre se tourna aussi. Quelqu’un qui eût fait attention aurait pu voir que l’Ombre entrait par la porte entr’ouverte chez le voisin, au moment où le savant entrait lui-même dans sa chambre en tirant derrière lui le grand rideau.

Le lendemain, lorsque ce dernier sortit pour prendre son café et lire les journaux, arrivé sous l’éclat du soleil, il s’écria tout à coup : « Qu’est-ce donc ? où est mon ombre ? serait-elle, en effet, partie hier au soir, et pas encore revenue ? C’est excessivement fâcheux. »

Grand était son dépit, non pas parce que l’Ombre avait disparu, mais parce qu’il savait l’histoire d’un homme sans ombre, comme tout le monde dans les pays froids, et si lui, revenu un jour, racontait sa propre histoire, on l’accuserait de plagiat sans qu’il le méritât le moins du monde. Il résolut donc de n’en parler à personne. Et bien il fit.

Le soir, il retourna sur son balcon après avoir bien posé la lumière derrière lui, pour faire revenir son ombre ; mais il eut beau se faire grand, petit, et répéter, hem ! hem ! l’ombre n’apparut pas.

Cette séparation le tourmenta beaucoup ; mais, dans les pays chauds, tout repousse bien vite, et, au bout de huit jours, il remarqua, à son grand plaisir, qu’une nouvelle ombre sortait de ses jambes lorsqu’il se promenait au soleil. La racine de l’ancienne y était probablement restée. Au bout

Vignette de Bertall


de trois semaines, il avait une ombre convenable qui, dans son voyage aux pays du Nord, crût tellement que notre savant aurait pu se contenter de la moitié.

Revenu dans son pays, il composa plusieurs livres sur ce que le monde a de vrai, de beau et de bon : et bien des années s’écoulèrent ainsi.

Un soir qu’il était assis dans sa chambre, quelqu’un frappa à la porte.

« Entrez ! dit-il.

Mais personne n’entra. Il alla ouvrir et vit un homme très-grand et très-maigre, du reste parfaitement habillé et de l’air le plus comme il faut.

« À qui ai-je l’honneur de parler ? demanda le savant.

— Je me doutais bien que vous ne me reconnaîtriez pas, répondit l’homme délicat ; voyez-vous ? c’est que je suis devenu corps ; j’ai de la chair, et je porte des habits. Ne reconnaissez-vous pas votre ancienne ombre ? Vous avez cru que je ne reviendrais plus. J’ai eu bien de la chance depuis que je vous ai quitté ; je suis riche et j’ai par conséquent les moyens de me racheter. »

Puis il fit sonner un tas de breloques attachées à la lourde chaîne d’or de sa montre, et ses doigts couverts de diamants lancèrent mille éclairs.

« Je n’en reviens pas ! dit le savant ; qu’est-ce que cela signifie ?

— Certes, cela est extraordinaire, en effet, mais vous-même, n’êtes-vous pas un homme extraordinaire ? Et moi, vous le savez bien, j’ai suivi, vos traces dès votre enfance. Me trouvant mûr pour faire seul mon chemin dans le monde, vous m’y avez lancé, et j’ai parfaitement réussi. J’ai eu le désir de vous voir avant votre mort, et, en même temps, de visiter ma patrie. Vous savez, on aime toujours sa patrie. Sachant que vous avez une autre ombre, je vous demanderai maintenant si je dois quelque chose à elle ou à vous. Parlez, s’il vous plaît.

— C’est donc véritablement toi ! répondit le savant. C’est extraordinaire ; jamais je n’aurais cru que mon ancienne ombre me reviendrait sous la forme d’un homme.

— Dites ce que je dois, reprit l’Ombre, je n’aime pas les dettes.

— De quelles dettes parles-tu ? tu me vois tout heureux de ta chance ; assieds-toi, vieil ami, et raconte-moi tout ce qui s’est passé. Que voyais-tu chez le voisin, dans les pays chauds ?

— Je vous le raconterai, mais à une condition ; c’est de ne jamais dire à personne ici, dans la ville, que j’ai été votre ombre. J’ai l’intention de me marier ; mes moyens me permettent de nourrir une famille, et au delà.

— Sois tranquille ! je ne dirai à personne qui tu es. Voici ma main, je te le promets. Un homme est un homme, et une parole....

— Et une parole est une ombre.

À ces mots, l’Ombre s’assit, et, soit par orgueil, soit pour se l’attacher, elle posa ses pieds chaussés de bottines vernies sur le bras de la nouvelle ombre qui gisait aux pieds de son maître comme un caniche. Celle-ci se tint bien tranquille pour écouter, impatiente d’apprendre comment elle pourrait s’affranchir et devenir son propre maître.

« Devinez un peu qui demeurait dans la chambre du voisin ! commença la première Ombre ; c’était une personne charmante, c’était la Poésie. J’y suis resté pendant trois semaines, et ce temps a valu pour moi trois mille ans. J’y ai lu tous les poëmes possibles, je les connais parfaitement. Par eux j’ai tout vu et je sais tout.

— La Poésie ! s’écria le savant ; oui, c’est vrai, elle n’est souvent qu’un ermite au milieu des grandes villes. Je l’ai vue un instant, mais le sommeil pesait sur mes yeux. Elle brillait sur le balcon comme une aurore boréale. Voyons ! continue. Une fois entré par la porte entr’ouverte....

— Je me trouvai dans l’antichambre ; il y faisait à peu près noir, mais j’aperçus devant moi une file immense de chambres dont les portes étaient ouvertes à deux battants. La lumière s’y faisait peu à peu, et, sans les précautions que je pris, j’aurais été foudroyé par les rayons avant d’arriver à la demoiselle.

— Enfin que voyais-tu ? demanda le savant.

— Je voyais tout, comme je vous le disais tout à l’heure. Certes, ce n’est pas par fierté ; mais comme homme libre, et avec mes connaissances, sans parler de ma position et de ma fortune, je désire que vous ne me tutoyiez pas.

— Je vous demande pardon ; c’est une ancienne habitude. Vous avez parfaitement raison, cela ne m’arrivera plus. Enfin que voyiez-vous ?

— Tout ! j’ai tout vu et je sais tout.

— Quel aspect vous offraient les salles de l’intérieur ? Ressemblaient-elles à une fraîche forêt, à une sainte église ou au ciel étoile ?

— Elles ressemblaient à tout cela. Il est vrai que je ne les traversai pas ; mais, de l’antichambre, je vis tout.

— Mais enfin, les dieux de l’antiquité passaient-ils par ces grandes salles ? Les anciens héros y combattaient-ils ? Est-ce que des enfants charmants y jouaient et racontaient leurs rêves ?

— Je vous répète encore une fois que j’ai tout vu. En y entrant, vous ne seriez pas devenu un homme ; mais moi j’en devins un. J’y appris à connaître ma véritable nature, mes talents et ma parenté avec la Poésie. Lorsque j’étais encore avec vous, je n’y réfléchissais jamais ; mais vous devez vous rappeler comme je grandissais toujours au lever et au coucher du soleil. Au clair de la lune, je paraissais presque plus distinct que vous-même, seulement, je ne comprenais pas alors ma véritable nature ; c’est dans l’antichambre que j’ai appris à la connaître. J’étais mûr au moment où vous m’avez lancé dans le monde, mais vous partiez tout à coup en me laissant presque nu. J’eus bientôt honte de me trouver dans un pareil état ; j’avais besoin de vêtements, de bottes, de tout ce vernis qui fait l’homme. Je me cachai, je vous le dis sans crainte, persuadé que vous ne l’imprimerez pas, je me cachai sous les jupons d’une marchande de gâteaux qui ignorait ma valeur. Le soir seulement, je sortais pour courir les rues au clair de la lune. Je montais et je descendais le long des murs, regardant par les grandes fenêtres dans les salons et par les lucarnes dans les mansardes. Je vis par où personne ne pouvait voir, et ce que personne ne pouvait voir ni ne devait voir. Pour vous dire la vérité, ce monde est bien vil ; et, sans ce préjugé qu’un homme signifie quelque chose, je ne me soucierais pas de l’être. J’ai vu des choses inimaginables chez les femmes, chez les hommes, chez les parents et les enfants charmants. J’ai vu ce que personne ne devait savoir, mais ce que tous brûlaient de savoir, le mal du prochain. Si j’avais écrit un journal, on l’aurait dévoré ; mais je préférais écrire aux personnes elles-mêmes, et dans toutes les villes où je passais, c’était une frayeur inouïe. On me craignait et on me chérissait. Les professeurs me firent professeur, les tailleurs me donnèrent des habits ; j’en ai en quantité ; le directeur de la monnaie me frappait de belles pièces ; les femmes me trouvaient gentil garçon. C’est ainsi que je suis devenu ce que je suis ; Là-dessus, je vous présente mes respects. Voici ma carte ; je demeure du côté du soleil, et, en temps de pluie, vous me trouverez toujours chez moi. »

À ces mots, l’Ombre partit.

« C’est cependant bien remarquable, » dit le savant.

Juste une année après, l’Ombre revint.

« Comment allez-vous ? demanda-t-elle.

— Hélas ! j’écris sur le vrai, sur le beau et sur le bon, mais personne n’y fait attention. J’en suis au désespoir.

— Vous avez tort ; regardez-moi ; j’engraisse, et c’est ce qu’il faut. Vous ne connaissez pas le monde. Je vous conseille de faire un voyage ; encore mieux, comme j’ai l’intention d’en faire un cet été, si vous voulez m’accompagner en qualité d’ombre, vous me ferez grand plaisir. Je paye le voyage.

— Vous allez trop loin.

— C’est selon. Je vous assure que le voyage vous fera du bien. Soyez mon ombre, vous n’aurez rien à dépenser.

— C’en est trop ! dit le savant.

— Il en est ainsi du monde, et il en sera toujours ainsi, » repartit l’Ombre en s’en allant.

Le savant se trouva de plus en plus mal, à force d’ennuis et de chagrins. Ce qu’il disait du vrai, du beau et du bon, produisait sur la plupart des hommes le même effet que les roses sur une vache.

« Vous avez l’air d’une ombre, » lui dit-on, et cela le fit frémir.

« Il faut que vous alliez prendre les bains, lui dit l’Ombre, qui était revenue le voir ; c’est le seul remède. Je m’y rendrai avec vous, car ma barbe ne pousse pas bien, et c’est une maladie. Il faut toujours avoir de la barbe. Je paye le voyage : vous en ferez la description, et cela m’amusera chemin faisant. Soyez raisonnable et acceptez mon offre ; nous voyagerons comme d’anciens camarades. »

Ils se mirent en route. L’Ombre était devenue le maître, et le maître était devenu l’ombre. Partout ils se suivaient à se toucher, par devant ou par derrière, suivant la position du soleil. L’Ombre savait toujours bien occuper la place du maître et le savant ne s’en formalisait pas. Il avait bon cœur, et un jour il dit à l’Ombre :

« Puisque nous sommes des compagnons de voyage et que nous avons grandi ensemble, tutoyons-nous, c’est plus intime.

— Vous parlez franchement, repartit l’Ombre, ou plutôt le véritable maître : moi aussi je parlerai franchement. En qualité de savant, vous devez savoir combien la nature est étrange. Il y a des personnes qui ne peuvent toucher un morceau de papier gris sans se trouver mal ; d’autres frémissent en entendant frotter un clou sur un carreau de vitre ; quant à moi, j’éprouve la même sensation à m’entendre tutoyer, il me semble que cela me couche par terre comme au temps où j’étais votre ombre. Vous voyez que chez moi ce n’est pas fierté, mais sentiment. Je ne peux pas me laisser tutoyer par vous, mais je vous tutoierai ; ce sera la moitié de ce que vous désirez. »

Dès ce moment, l’Ombre tutoya son ancien maître.

« C’est trop fort ! pensa celui-ci ; je lui dis ’’vous’’, et il me tutoie. » Néanmoins il prit son parti.

Arrivés aux bains, ils rencontrèrent une grande quantité d’étrangers ; entre autres, une belle princesse affectée d’un mal inquiétant : elle voyait trop clair.

Elle remarqua bientôt l’Ombre parmi tous les autres : « Il est venu ici pour faire pousser sa barbe, à ce qu’on dit ; mais la véritable cause de son voyage, c’est qu’il n’a point d’ombre. »

Prise de curiosité, elle entama conversation dans une promenade avec cet étranger. Comme princesse, elle n’avait pas besoin de faire beaucoup de façons, et elle lui dit : « Votre maladie est de ne pas produire d’ombre.

— Votre Altesse Royale se trouve heureusement bien mieux, répondit l’ombre ; elle souffrait de voir trop clair, mais maintenant elle est guérie, car elle ne voit pas que j’ai une ombre, et même une ombre extraordinaire. Voyez-vous la personne qui me suit continuellement ? Ce n’est pas une ombre commune. De même qu’on donne souvent pour livrée à ses domestiques du drap plus fin que celui que l’on porte soi-même, ainsi j’ai paré mon ombre comme un homme. Je lui ai même donné une ombre. Quoi qu’il m’en coûte, j’aime à avoir des choses que les autres n’ont pas.

— Quoi ! pensa la princesse, est-ce que vraiment je serais guérie ? Il est vrai que l’eau, dans le temps où nous vivons, possède une vertu singulière, et ces bains ont une grande réputation. Cependant je ne les quitterai pas encore ; on s’y amuse parfaitement, et ce jeune homme-là me plaît. Pourvu que sa barbe ne pousse pas ! car il s’en irait. »

Le soir, la princesse dansa avec l’Ombre dans la grande salle de danse. Elle était bien légère, mais son cavalier l’était encore davantage ; jamais elle n’en avait rencontré un pareil. Elle lui dit le nom de son pays, et lui le connaissait bien, car il y avait regardé par les fenêtres. Il raconta même à la princesse des choses qui l’étonnèrent on ne peut plus. Certes, c’était l’homme le plus instruit du monde ! Elle lui témoigna peu à peu toute son estime, et en dansant encore une fois ensemble, elle trahit son amour par des regards qui semblaient le pénétrer. Néanmoins, comme c’était une fille réfléchie, elle se dit : « Il est instruit, c’est bon ; il danse parfaitement, c’est encore bon ; mais possède-t-il des connaissances profondes ? C’est ce qu’il y a de plus important ; je vais l’examiner un peu à ce sujet. »

Et elle commença à l’interroger sur des choses tellement difficiles, qu’elle n’aurait pu y répondre elle-même. L’Ombre fit une grimace.

« Vous ne savez donc pas répondre ? dit la princesse.

— Je savais tout cela dans mon enfance, répondit l’Ombre, et je suis sûr que mon ombre, que vous voyez là-bas devant la porte, y répondra facilement.

— Votre ombre ! ce serait bien étonnant.

— Je n’en suis pas tout à fait certain, mais je le crois, puisqu’elle m’a suivi et écouté pendant tant d’années. Seulement, Votre Atesse Royale me permettra d’appeler son attention sur un point tout particulier ; cette ombre est tellement fière d’appartenir à un homme, que, pour la trouver de bonne humeur, ce qui est nécessaire pour qu’elle réponde bien, il faut la traiter absolument comme un homme.

— Je l’approuve, » dit la princesse.

Puis elle s’approcha du savant pour lui parler du soleil, de la lune, de l’homme sous tous les rapports ; il répondait convenablement et avec beaucoup d’esprit.

« Quel homme distingué, pensa-t-elle, pour avoir une ombre aussi sage ! Ce serait une bénédiction pour mon peuple, si je le choisissais pour époux. »

Bientôt la princesse et l’Ombre arrêtèrent leur mariage ; mais personne ne devait le savoir avant que la princesse fût de retour dans son royaume.

« Personne ! pas même mon ombre, » dit l’Ombre, qui avait ses raisons pour cela.

Lorsqu’ils furent arrivés dans le pays de la princesse, l’Ombre dit au savant : « Écoute, mon ami, je suis devenu heureux et puissant au dernier point, et je vais maintenant te donner une marque particulière de ma bienveillance. Tu demeureras dans mon palais, tu prendras place à côté de moi dans ma voiture royale, et tu recevras cent mille écus par an. Cependant j’y mets une condition ; c’est que tu te laisses qualifier d’ombre par tout le monde. Jamais tu ne diras que tu as été un homme, et une fois par an, lorsque je me montrerai au peuple sur le balcon éclairé par le soleil, tu te coucheras à mes pieds comme une ombre. Il est convenu que j’épouse la princesse, et la noce se fait ce soir.

— Non, c’en est trop ! s’écria le savant ; jamais je ne consentirai à cela ; je détromperai la princesse et tout le pays. Je veux dire toute la vérité : je suis un homme, et toi, tu n’es qu’une ombre habillée.

— Personne ne te croira : sois raisonnable, ou j’appelle la garde.

— Je vais de ce pas trouver la princesse.

— Mais moi j’arriverai le premier, et je te ferai jeter en prison. »

Puis l’Ombre appela la garde, qui obéissait déjà au fiancé de la princesse, et le savant fut emmené.

« Tu trembles ! dit la princesse en revoyant l’Ombre ; qu’y a-t-il donc ? Prends garde de tomber malade le jour de ta noce.

— Je viens d’essuyer une scène cruelle ; mon ombre est devenue folle. Figure-toi qu’elle s’est mis en tête qu’elle est l’homme, et que moi, je suis l’ombre.

— C’est terrible ! j’espère qu’on l’a enfermée ?

— Sans doute ; je crains qu’elle ne se remette jamais.

— Pauvre ombre ! dit la princesse ; elle est bien malheureuse. Ce serait peut-être un bienfait que de lui ôter le peu de vie qui lui reste. Oui, en y songeant bien, je crois nécessaire d’en finir avec elle secrètement.

— C’est une affreuse extrémité, répondit l’Ombre en ayant l’air de soupirer ; je perds un fidèle serviteur.

— Quel noble caractère ! » pensa la princesse.

Le soir, toute la ville fut illuminée, on tira le canon ; partout retentissaient la musique et les chants. La princesse et l’Ombre se montrèrent sur le balcon, et le peuple, enivré de joie, cria trois fois hourra !

Le savant ne vit rien, n’entendit rien, car on l’avait tué.

Hans Christian Andersen.

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Violette Leduc (merci C.), l'héroïne

POSTE PAR Milady Renoir LE 09-12-2009

vagina dentata


"Je ferme les volets, je dis bonjour, je dis adieu à la lune fragile.
Les contrevents de l'hôtel meublé : ma fierté. J'éteins l'électricité,
je me lave les mains à côté du bruit grelottant des salsifis.
Ah ! floconnement des familles.
Non, ce soir pas de plaisir solitaire en attendant le dîner.
C'est un coup de grâce quand ça commence à trente ans, quand vous avez été plaquée.
Plaisir solitaire, lumière dans un miroir à Cayenne.
Tu coules jusqu'aux genoux, tu serais donc une source, solitude.
Ce soir je me désole, ce soir je me désolerai parce que je ne comprends pas la philosophie. Désolation de quatorze années.
Lire Kant, Descartes, Hegel, Spinoza comme ils lisent les romans policiers. Plus j'insiste, plus je m'efforce, plus je pèse le paragraphe,
le mot, la ponctuation, la phrase, plus je me détache de la phrase,
de la ponctuation, du mot. Plus je me donne au texte, plus le texte est avare.
De la braise envoyant du froid, voilà ce qu'une sotte obtient.
Vingt fois, le titre de la troisième partie de l'Ethique de Spinoza m'a enivrée : "De l'origine et de la nature des affections".
J'ouvre le livre à la page 243, je lis au-dessous de "Définitions", qui me grise aussi :
"J'appelle cause adéquate celle dont on peut percevoir l'effet clairement et distinctement par elle-même; j'appelle cause inadéquate ou partielle celle dont on ne peut connaître l'effet
par elle seule." Je m'emballais avant de commencer et voici que, lancée à bride abattue, je tombe sur "cause adéquate".
J'ouvre Larousse et Larousse me sert. "Cause adéquate".
Cloques d'ignorance, j'ai au front pour l'adjectif rébarbatif.
Mon petit front, il me désolait; mon petit front, je le triturais
parce qu'il est chétif, dégénéré. "Cause adéquate. Cause inadéquate." L'affection commence mal. Je suis un vieux chêne, il est vieux,
je suis vieille. Adéquate, inadéquate.
Mes cheveux s'allongent, si c'étaient des glaçons...
je mourrais de froid avec mon désir inutile de devenir intelligente. (...)"

 

La Bâtarde

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Shiro' Les enfants de silicum

POSTE PAR Milady Renoir LE 09-12-2009

La roman de David " SHIRO' LES ENFANTS DE SILICUM " (que je tente de lire entre deux temps de procrastination) sortira le 17 Février 2010 en librairie aux éditions " IMHO " (merci Chloé D.!)

www.davidspailier.net → Mise en scène numérique d'un auteur halluciné

www.myspace.com/9mg08 → Quelques bribes graphiques

Des pièces sonores, un court métrage expérimental, des morceaux y seront ajoutés au fil des collaborations avec différents artistes comme JulHight, Katarina Gogolevitch, Ishico, Absurde et autres joyeux kamikazes.

David Spailier HumAnotherAcidRain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Antoine Boute sort...

POSTE PAR Milady Renoir LE 04-12-2009

Message de l'Antoine:

"Bonjour,

le 6 décembre prochain sortira mon livre Blanche Rouge aux éditions de l’Arbre à Paroles. A l’occasion du Fiestival Maelström à l’Aquilone (Liège) je ferai une conférence à propos du dispositif scientifique expérimental très très complexe à l’origine de l’écriture de ce livre.

4ième de couverture : on fonce tête baissée brûlée et hors sens hors contexte complètement à l’arrache grosses louches de purées de mots et sans un poil de ponctuation on fonce comme ça à l’interne de lignes coulées pleines on fonce plein pot dans notre véhicule notre véhicule un peu particulier oui un peu particulier puisqu’il s’agit attention de rien de moins que du corps de Blanche-Neige oui on fonce à tombeau ouvert dans notre véhicule expérimental qu’est le corps de Blanche-Neige c’est très expérimental tout ceci notamment au niveau des affects oui l’affaire de Blanche-Neige est tout de même très expérimentale question affects question physique des affects n’est-ce pas voilà on est dans tout un dispositif nous ici tous ensemble autour de ce texte celui qui l’écrit et toute la clique de ceux qui le lisent broum broum on se retrouve tous ensemble dans notre véhicule expérimental corporel organique et en même temps verbalo-rythmique sonore textuel allez allez tout le monde allez allez tout le monde on y va on y va on va foncer fond de caisse à travers ce monde expérimentalo-corporel qu’est l’histoire de Blanche-Neige on y va oui on va explorer toutes les palettes de cruautés et d’agencements d’affects tous plus explosés les uns que les autres ah mes amis mes amies mais quelle fête qui s’annonce oui quelle explosion mystico-pétée de crépitation de mots on va vraiment vivre quelque chose nous là de viandu d’abstrait corporel et très très concret rendez-vous oui rendez-vous tous ensemble à l’intérieur du corps de Blanche-Neige tandis qu’elle vit son histoire oui sensations corporelles écorchées délabrées vives garanties oui garanties sur facture à la lecture de ce texte

à l'Aquilone à Liège
25 Bd Saucy - 4020 Liège
le 6 décembre 2009 à 15h07

Avec également, dans le cadre d’Europalia Chine, une performance de Yan Jun : Né en 1973 à Lanzhou, Yan Jun est diplômé en littérature chinoise et réside actuellement à Beijing. Fonctionnant sous le label Sub Jam depuis 1998, l’artiste crée du « bruit hypnotique » lors de performances live. En 2004, il co-fonde KwanYin, un label de musique expérimentale et d’exploration du son. Depuis 2005, il organise Waterland Kwanyin, un événement hebdomadaire de musique et sons expérimentaux, et le festival annuel Mini Midi. Par ailleurs, YAN Jun a publié cinq essais sur la musique chinoise contemporaine et trois recueils de poésie.
À cette occasion sortiront trois nouveautés belges
 : Blanche Rouge d’Antoine Boute (Arbres à Paroles)
C'est aussi mon histoire Bookleg de Pascal Leclerq (maelstrÖm reEvolution)
Le sexe et la main de Stéphane Lambert (Arbre à Paroles)

Avec la présence des auteurs et également : Antoine Wauters, Olivier Dombret, Frédéric Saenen, Rémy Disdero, Benjamin Pottel et David Giannoni.

Infos : 085/31.52.32  -  http://www.maelstromreevolution.org/

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Pornographie, colloque à Bordeaux

POSTE PAR Milady Renoir LE 19-11-2009

Ce colloque débute aujourd'hui à 14h..., c'est la première année depuis 4 que je n'y serai pas, dommage, à l'an prochain, donc.

Bonne m... Jean-Michel!

pornographie

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Trucalisme publiée...

POSTE PAR Milady Renoir LE 17-11-2009
Publication aux Editions Thélès de la nouvelle illustrée
"ça ira mieux hier"

Sortie officielle de la nouvelle illustrée "ça ira mieux hier",
aux Editions Thélès (Paris), de Catherine Domahidy et illustré par Trucalisme


"Nous sommes en 2118. Le monde va mal. 
Un jeune couple de musiciens décide de fuir l’Europe, devenue une dictature.
Ils fuient tout au nord du continent. Ils rêvent d’une vie nouvelle. 

Y a-t-il encore de l’espoir pour eux au-delà du cercle polaire ?"

commande possible en ligne sur le site des Editions Thélès
ou par bulletin de commande (ci-dessous)
 






ça ira mieux hier...





BD et Illustration, Trucalisme: www.trucalisme.blogspot.com
Portfolio en ligne:
www.tak.carbonmade.com



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Lecture recommandée et appréciée et pas juste parce que l'auteur vient de perdre au poker avec St Pierre...

POSTE PAR Milady Renoir LE 10-10-2009
Jacques Chessex - Le vampire de Ropraz

Né en 1934 dans le canton de Vaud, Jacques Chessex, prix Goncourt avec L'Ogre en 1973, est l'auteur d'une œuvre importante en poésie et en prose.

Ier chapitre:

Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, 1903. C'est un pays de loups et d'abandon au début du vingtième siècle, mal desservi par les transports publics à deux heures de Lausanne, perché sur une haute côte au-dessus de la route de Berne bordée d'opaques forêts de sapins. Habitations souvent disséminées dans des déserts cernés d'arbres sombres, villages étroits aux maisons basses. Les idées ne circulent pas, la tradition pèse, l'hygiène moderne est inconnue. Avarice, cruauté, superstition, on n'est pas loin de la frontière de Fribourg où foisonne la sorcellerie. On se pend beaucoup, dans les fermes du Haut-Jorat. A la grange. Aux poutres faîtières. On garde une arme chargée à l'écurie ou à la cave. Sous prétexte de chasse ou de braconne on choie poudre, chevrotine, gros pièges à dents de fer, lames affûtées à la meule à faux. La peur qui rôde. A la nuit on dit les prières de conjuration ou d'exorcisme. On est durement protestants mais on se signe à l'apparition des monstres que dessine le brouillard. Avec la neige, le loup revient. Il n'y a pas si longtemps qu'on a tué le dernier, en 1881, sa dépouille empaillée s'empoussière à douze kilomètres dans une vitrine du musée du Vieux-Moudon. Et l'horrible ours venu du Jura. Il a éventré des génisses il n'y a pas quarante ans dans les gorges de la Mérine. Les vieux s'en souviennent, ils ne rient pas à Ropraz ni à Ussières. Au temps de Voltaire, qui a habité le château d'en bas, au hameau d'Ussières, les brigands attendaient sur la route principale, celle de Berne, des Allemagnes, plus tard les soldats revenus des guerres de la Grande Armée rançonnaient les honnêtes gens. On fait très attention quand on engage un trimardeur pour la moisson ou la pomme de terre. C'est l'étranger, le fouineur, le voleur. Anneau à l'oreille, sournois, le laguiole glissé dans la botte.
Ici on n'a pas de grands commerces, d'usines, de manufactures, on n'a que ce qu'on gagne de la terre, autant dire rien. Ce n'est pas une vie. On est même si pauvres qu'on vend nos vaches pour la viande aux bouchers des grandes villes, on se contente du cochon et on en mange tellement sous toutes ses formes, fumé, écouenné, haché, salé, qu'on finit par lui ressembler, figure rose, hure rougie, loin du monde, par combes noires et forêts.
Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile qui aimante les folies. Inceste et rumination, dans l'ombre célibataire, de la part charnelle à jamais convoitée et interdite.
La misère sexuelle, comme on la nommera plus tard, s'ajoute aux rôderies de la peur et de l'imagination du mal. Solitaire, on surveille la nuit, ébats d'amour de quelques nantis et de leur râlante complice, frôlements du diable, culpabilité vrillée dans quatre siècles de calvinisme imposé. Sans répit déchiffrer la menace venue du fond de soi et du dehors, de la forêt, du toit qui craque, du vent qui pleure ; de l'au-delà, d'en haut, de dessous, d'en bas : la menace venue d'ailleurs. On se barricade dans son crâne, son sommeil, son cœur, ses sens, on se verrouille dans sa ferme, le fusil prêt, l'âme hantée et affamée.
L'hiver attise ces violences sous la longue neige amie des fous, les ciels rouges et bistre entre aube et nuit déshéritée, le froid et la mélancolie qui tend et ronge les nerfs. Ah j'oubliais l'effarante beauté des lieux. Et la pleine lune. Et les nuits de pleine lune, les prières et les rituels, les couennes de lard frottées sur les verrues et les plaies, les potions noires contre la grossesse, les rituels avec des poupées de bois mal dégrossi crevé d'épingles, martyrisé, et les sorts jetés par des fourbes, les prières pour la tache des yeux. On retrouve encore aujourd'hui dans les greniers, les appentis, des grimoires et des recettes de décoction de sang menstruel, de vomi, de bave de crapaud et de vipère pilée. Quand la lune éclaire trop, garde-toi de bric et de brac. Quand la lune arrive tôt, garde le serpent au sac. La folie gagne. Et la peur. Qui a glissé dans la soupente ? Qui a marché sur le toit ? Veille sur ta poudre et ta fourche, avant le secret des gouffres !

chessex

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Nouvelle Parution des Editions Sulliver (que je soutiens grandement)

POSTE PAR Milady Renoir LE 13-09-2009

 

fille dévastée
Rozenn Guilcher: 
La fille dévastée -  EN LIBRAIRIE LE 13 OCTOBRE : http://www.sulliver.com/livre/livre.php?ref_article=9782351220597

LE LIVRE - 

La fille dévastée s’adresse aux lecteurs qui s’intéressent au mécanisme des sentiments, et particulièrement ceux qui unissent une mère et son enfant ; à ce lien que la société voudrait pur et constructif et qui apparaît ici malsain et destructeur. Un livre sur la filiation et la folie.

Le contenu
À travers une relation perverse mère-fille, Rozenn Guilcher décortique l’implacable fabrique des sentiments de l’amour et de la haine. Une enfant non désirée et une mère qui refuse de devenir ce qui lui a été imposé : chacune subit la présence de l’autre. Mais le rejet peut décupler le désir d’être acceptée et aimée !

« Plus l’autre vous jette plus vous vous agrippez. Plus vous hait plus l’aimez. Et la force se multiplie par deux : l’autre dans la rage vous dans l’adoration. Elle vous tue tous les jours mais vous ne mourez pas. Et vous lui pardonnez. Elle est votre mère tout au monde et plus. Vous craignez le reste. Le monde vous fait peur. Mais je vous expliquerai une autre fois.»

Dans une lutte incessante entre la fatalité de la déchéance et l’aspiration à la délivrance, les liens se construisent sur le mal-être et conduisent inévitablement les protagonistes aux portes de la folie. Et le lecteur impuissant accompagne alors ce duo filial au bord du gouffre.

 

L’écriture

Grâce à une écriture très cadencée, qui fait habilement alterner les voix de la mère et de la fille, le lecteur pénètre immédiatement dans la puissante ambiguïté de cette relation. Les mots s’enchaînent au rythme des pensées des narratrices dans un style épuré qui colle au froid constat de l’auto-destruction.

L’AUTEUR

Née en 1968, Rozenn Guilcher répond depuis longtemps au besoin d’écrire mais publie ici pour la première fois. Après des études de Lettres Modernes (mémoires sur Saint-Exupéry et Henri Michaux), elle a exercé divers métiers liés à l’éducation et à la culture.

À SOULIGNER

 

La fille dévastée 

est le huitième titre de la collection Littératures actuelles.

Parution octobre 2009 -

13 x 20 cm - 176 pages - ISBN 978-2-35122-059-7 - Prix : 15 €


Extraits :
Lorsque je parle avec mère je parle vite vite très vite. Il n’y a pas de place. Alors vite ! Avant qu’elle ne reprenne son souffle et sa voix. Avant qu’elle ne prenne ce qu’elle ne m’a pas donné. Alors vite. Parle. Colle des mots. En apnée. Creuse avec mes doigts. Affolée. Précipitée. Parce que là rien n’attend ni n’entend. Il n’y a pas d’espace. Il n’y a pas de place. Alors avec les doigts un trou dans la terre comme une tombe. Avec les doigts.
Mère m’a filmée pendant les dix premières années de ma vie. Elle a tout gardé. Elle a des preuves. Elle a filmé mes colères, mes façons de manger, mes réveils, mes occupations, mes toilettes, mes jeux. Il y a des parents qui filment leurs enfants pour les souvenirs garder les bons moments. Mère me filmait pour m’espionner. Elle me surveillait ainsi. Elle me considérait comme un animal de laboratoire qu’il fallait observer. Analyser les réactions, réaliser des expérimentations. J’étais rat. Rat est devenu intelligent à force d’essayer de déjouer les pièges. Rat s’est dédoublé. Rat de laboratoire répondant aux critères expérimentaux.
J’ai longtemps cru que, pour être aimée, il fallait que je sois un rat. Sage. Avec les réactions qu’on attendait. Un rat digne de ce nom. Alors l’amour et le regard qui brille de mère parce que son rat s’est bien tenu. A été gentil et sage. Peut-être qu’elle lui donnera un sucre comme aux chevaux ou aux chiens.
Un sucre c’est de l’amour. Enfin je l’ai cru. Une récompense d’avoir été comme elle veut. Pour que maman m’aime être un bon rat. Se plier aux exigences. Se mettre de côté soi soi-même ne pas exister. C’est comme cela qu’on vous aime. C’est comme cela qu’on vous désire. Oui c’est cela l’amour. Sinon non. Et l’on vous punira. Et l’on vous fera comprendre que vous décevez vous êtes méprisable mauvais rat qui ne mérite pas une mère si dévouée qui fait tout pour lui ! Et les injures et les dénigrements. Mais ces coups-là ne se voient pas ne laissent pas de traces non. Pas traces sur corps. Je vous parle d’autres blessures. Mère était professionnelle en autres blessures parce qu’elle avait élevé un mauvais rat et qu’elle ne pouvait faire autrement que de le blâmer.
Le mauvais rat c’était moi.

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Mort au pilon!!!

POSTE PAR Milady Renoir LE 13-09-2009

Infolettre n°9 de maelstrÖm reEvolution

Mort au Pilon! Les livres invendus libérons:
Cliquez ici pour voir l'annonce complète sur notre site.
Téléchargez ici le communiqué de presse au format PDF

La Troupe Poétique Nomade à LA GOUTTE à Bruxelles le 24 septembre, à Amay le 26 et à Pise le 10 octobre!
Soirées de lectures, musique et performances à Bruxelles et Amay dans le cadre de l'opération MORT AU PILON! Les livres invendus libérons... et à Pise dans le cadre du Salon du Livre Pisa Book Festival où la Belgique est le Pays invité d'honneur!
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who the hell are you?

je suis la CoUrBE du CUBE!

Moi, fille de Requin Marteau et Brebis Galeuse, je suis une Furie cyclothymique, je suis une folle de maillot, je suis un maillet de lave, je suis une AUTRE, je suis une femme actuelle, je suis VOILA et GACI, je suis lonlèrelonlalalère, je suis une chute à l’envers je suis la CoUrBE du cube, je suis une Joconde fertilisée, je suis une armure contre l'amour, je suis le CUL entre deux chaises, je suis une ballerine pendue au projecteur, je suis un citron vert pomme, je suis un nombril qui se regarde, je suis Elephant Woman, je suis True Woman Capote, je suis un tremblement de mère, je suis une facture impayée je suis une petite fille à la tête rasée, je suis une peste qui réclame son quatre heures, je suis un serre-tête de bourgeoise frustrée, je suis une louve en rage, je suis une montée de lait, je suis la barbe au DESSUS des draps, je suis une verrière cassée par des pigeons morts, je suis la CoUrBE du cube, je répète, je suis la courbe du cube, je suis une équilibriste sur un fil à couper le beurre, je suis un fœtus rebelle, je suis une dépenaillée grandiloquente, je suis une passerelle aléatoire, je suis un grenier embrumé, je suis un univers référentiel décadent, je suis un jarret de cauchemar mariné, je suis la CoUrBE du Cube, je suis le sbire de l’esclave, je suis un don de Pieu, je suis une Barbie brune, je suis Martine à la plonge, je suis une pomme paumée, je suis la fumée sans feux, je suis un carrosse avarié, je suis une descente de malice, je suis l'ovaire de gauche, je suis une souricière à porcs, je suis la valise d’un juif ressuscité, je suis une mosaïque répudiée, je suis une tour de pas belle, je suis une colombe sodomisée, je suis un coffre-fort violé, je suis un lit mouillé, je suis une cochonne pendue, je suis un colis piégé à l'hélium, je suis une plume de Pan, je suis une poupée en placenta, je suis une chambre à air conditionné, je suis le liquide amiantique, je suis la CoUrBE du cube, je répète, je suis la courbe du cube, je suis une femme tronche, je suis un cœur tronc, je suis un fil sans poteaux, je suis un poteau sans jus, je suis une articulation orpheline, je suis une pingouine emmitouflée, je suis une redingote rapiécée, je suis une Percheronne estropiée, Je suis un champ de choses, je suis un parti pris multiple, je suis une caisse comblée, je suis un camp d’exploration, je suis une feuille blanche, je suis un poing de côté, je suis un bourrelet cotyloïdien, je suis une cognée de décisions, je suis une thérapie mutilée, je suis un corps inachevé, je suis une obèse qui baise, je suis un ru de survie, je suis une farce mélancolique, je suis en Etat d’aspic constant, je suis un vol statique d'é-vol-ution gravitationnELLE je suis une orange givrée mécanique, je suis un manège bourreau d'enfants, je suis un singe qui sage l'homme, je suis un ventilateur fané, je suis la CoUrBE du cube, je répète, je suis la courbe du cube, je suis un vagin édenté, je suis le cinquième pied de la table, je suis une surdité esthétique, je suis la zone interdite, je suis un théorème de mandragore, je suis un dégel boueux, je suis une oeuvre barbelée, je suis un complexe de tripes, je suis une issue sans sa cour, je suis un préau sans marelles, je suis un avenir sans solde, je suis une apprentie souricière, je suis un virage en épingle à nourrice, je suis une vibration adipeuse, je suis un pari non tenu, je suis une boîte à rire jaune, je suis un piège à cons, je suis un chat de ratière, je suis un kit kat de survie, je suis une lune de fiel, je suis une gourde à sperme, je suis un appât mort, je suis une frustration en sauce, je suis une poupée de pire, je suis un son de Vénus, je suis un coussinet interpubien, je suis une veine sapphiste, je suis un nerf obturateur, je suis une artère externe, je suis une jument de Troie, je suis la vache d'un prisonnier, je suis le ventre d'un arbre, je suis la CoUrBE du cube, je répète, je suis la courbe du cube!! Am stram gram, Pic & pic & colégram, Bour & bour & ratatam, Am stram gram. Am stram gram, Pic & pic & colégram, Bour & bour & ratatam, Am stram gram. Am stram gram, Pic & pic & colégram, Bour & bour & ratatam, Am stram gram. © Milady Renoir

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OPERA-ELECTRO: DAWN DAWN DAWN (be) www.electroopera.com Sur un texte de MILADY RENOIR

Echographie et Dividende (écrite par les proches)

Milady Renoir - 1975 - 2046 - Gamine, Milady observe le monde noir des cirrhosés de l'âme à travers une carafe Berger Blanc. Elle vit son adolescence entre folies nocturnes et explorations littéraires, lesquelles lui laisseront un goût solide pour l'étrange et une empathie souveraine pour les créatures interlopes. L'âge majeur lui apporte des principes, des besoins, ainsi que moult méprises assumées, sans négliger une dérive imperturbable et tenace de sentiments hybrides. La vieillesse de Milady se déroule tel le bras de sa machine de ball-trap propulsant les pigeons d'argile, qu'elle shoote par cartouche de 24g contenant chacune des plombs de 2mm, soit 499 plombs par balle. Sans agonie au son du faible souffle, elle délaissera ses proches, celés dans certains caveaux communs, après qu'on l'ait traitée de "femme de trop de vies". Son épitaphe: Ci-gît mille édits, notre regrettée femme de méninges, née d'une maquerelle et d'un séraphin, elle vient de jeter l'encre.

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